2012/3/2
Du 28 au 29 février, une mission de l’Union européenne a séjourné à Conakry, pour constater l’évolution de la transition en Guinée. Au terme de la mission, les membres de la délégation on conféré avec la presse, pour partager leur les constats et points de vues. M. Sean Doyle, chef de Division Afrique de l’Ouest, Mme Alina Stanciulescu, chargée des relations internationales et responsable pays pour le Service européen pour l’aide extérieure, Mme Aurélie Konen, Coordinatrice Guinée à la Direction générale développement et Coopération était de la délégation. Epaulés par Philippe Van Damme, chef de délégation de l’UE en Guinée.
Plusieurs rencontres ont ponctué la mission entre autres avec le Président Alpha Condé, le Premier ministre, Mohamed Said Fofana, le CNT, la CENI, l’état-major de l’armée, le Comité de facilitation du dialogue politique inclusif, la Commission provisoire chargée de la Réconciliation nationale, des représentants des partis politiques, des Ongs de défense des droits de l’homme. Excusez du peu !
Il a avant tout indiqué qu’après l’élection présidentielle de 2010, « le centre des débats reste la tenue des élections législatives. On attend la publication de la date des élections par les autorités. » Après quoi, l’UE sera en mesure de mettre en place les programmes et projets qu’elle avait suspendus il y a trois ans, avec le pays. »
Sean Doyle a dit que la mission « est très satisfaite de l’ouverture et de la bonne volonté des gens qu’elle a rencontrés.» Selon lui, avec le Comité et les autres tendances politiques rencontrées, il s’est agi des « points difficiles qui restaient à régler entre les différentes parties. » Avec Lounceny Camara, la délégation a échangé sur les « éléments qui restent et comment arriver à un accord le plus tôt possible concernant les élections. »
Il a ajouté que l’UE a appelé de tous ses vœux, « si c’est possible», pour qu’on aboutisse à un accord sur l’organisation des législatives. « On a parlé du moment de la tenue des élections, sachant qu’il y a des moments difficiles pendant les grandes pluies », insiste-t-il. Il ajoute avoir souhaité qu’une grande attention soit portée sur le choix de la date, pour « permettre les travaux de préparation nécessaires : choisir un moment pendant lequel les populations peuvent participer au processus sans porter préjudice à leurs activités. » Il indique qu’il n’y a pas eu de proposition de date.
« L’important c’est la qualité de la démocratie qui est en train d’être construite en Guinée. C’est-à-dire, il ne nous revient pas de donner des leçons quand certaines choses ne marchent pas mais en tant que partenaire nous avons exprimé un souhait fort afin que ces élections réussissent, que ce soit de vraies élections, avec une vraie participation des populations pour qu’elles puissent s’exprimer réellement, honnêtement et pleinement… »
La réconciliation, les droits de l’homme, l’impunité, le procès lancé contre le Lieutenant-colonel Tiegboro, les progrès économiques obtenus, ont été des sujets abordés par les missionnaires de l’UE et les guinéens responsables de ces sujets. Le Chef de Division Afrique de l’Ouest de l’UE a noté « des progrès et espoirs » et a réitéré la volonté de son institution à renouer leur coopération avec la Guinée après la tenue des élections législatives. Il est temps que l’UE arrive avec tout son appui, a-t-il estimé.
Il s’est félicité de la réforme en cours au sein des forces de défense et de sécurité. Il annonce qu’une vingtaine de millions d’euro serait disponible pour appuyer le secteur ainsi que celui de la justice.
Le chef de la mission rappelle que leur voyage sur la Guinée s’inscrit dans le cadre des consultations prévues au titre de l’article 96 de l’accord de Cotonou. Dans le volet politique de cet accord, les Etats signataires auraient souscrit au respect des droits de l’homme, les principes démocratiques et l’Etat de droit.
L’accord stipule qu’en cas de manquement à ces éléments essentiels, des consultations sont ouvertes. La Guinée est dans ce cadre depuis le début de sa Transition, entamée après la mort, le 22 décembre 2008, du Président de la République d’alors, le Général Lansana Conté.
Hamidou Diallo, factuguinee.com |