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La semaine dernière, l'on a assisté au limogeage de El hadj Mamadou Babéli Diallo et El hadj Aguibou Diallo, respectivement secrétaire de la ligue islamique préfectorale et imam de la mosquée centrale, par le préfet, Commandant Mamadou Lamarana Diallo, pour faute lourde.

El Hadj Babéli a été remplacé par M. Amadou Tidiane Diallo, deuxième imam de la localité. C’est une décision « verbale » qui est tombée le 30 mai, annonçant le limogeage des chefs religieux par le préfet, neuf jours après la visite du ministre dans cette localité. Le ministre s’y était rendu pour inaugurer la route Tarambaali-Koubia.

Selon nos sources, l’origine serait liée à l’abatage d’un bœuf dans la cour de la cour mosquée pour faire un sacrifice le jour de l’arrivée du ministre d’Etat. « L’imam a ordonné de nettoyer le sang dans la cour parce que le sang est impur », indique la source. On accuse Amadou Tidiane Diallo, le deuxième imam de dénoncer et d’interpréter les propos de l’imam comme opposition au pouvoir. « C’est ainsi que le préfet a décidé de suspendre tous les deux».
L’imam aurait été suspendu pour avoir ordonné le nettoyage du sang. Le secrétaire préfectoral de la ligue lui, le problème n’est pas là. Tout le monde l’avait vu à la télévision nationale l’autre semaine s’adressant aux nouvelles autorités du pays. Pour lui, sa suspension par le préfet y trouve la justification. « Je pense que j’ai été suspendu pour m’être adressé aux autorités lors du passage de El Hadj Bah Ousmane à Koubia, indique El Hadj Babéli Diallo. J’ai dit à cette occasion aux autorités d’œuvrer pour la paix, la réconciliation, l’unité nationale. J’ai dit que le Foutah, comme toutes les autres parties de la Guinée, veut accompagner le gouvernement si celui-ci privilégie la cohésion sociale, l’entente de tous les Guinéens. J’ai dit que le Foutah n’a pas de rebelles et il n’en veut pas.
Le Foutah veut la paix et la quiétude sociale pour tous les Guinéens.

Au nom de tout le Foutah, j’ai demandé aux autorités de travailler pour rendre les Guinéens heureux, leur donner l’eau et le courant ; des citoyens ont construit des immeubles dans lesquels ils allument la bougie pour avoir de la lumière et se servent de bidons pour faire monter de l’eau. Il faut plutôt s’attaquer à ces problèmes que de se livrer à des querelles politiques. J’ai encore dit que des fils du Foutah vivant ailleurs veulent rentrer mais ils veulent être rassurés que la sécurité est garantie pour tous les citoyens du pays.

Si on m’accuse de n’avoir pas pris ma responsabilité, je ne sais pas de quelle responsabilité il s’agit. Tout le monde sait que la souillure par le sang est également impropre pour la prière. Je peux comprendre quand on m’accuse de ne pas dire ce qui plait à certains mais, je ne peux et je ne vais pas m’opposer à ce que la religion a imposé », confie-t-il.
Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation ne veut pas commenter l’affaire.

Alors qu’au Secrétariat des affaires religieuses, on dénonce une ingérence du préfet dans une affaire religieuse. « Nulle part les textes ne prévoient que le préfet suspendent un cadre religieux. Les départements se saisissent par des rapports sur tout problème qui survient au niveau des structures déconcentrées. On ne sait pas de quel pouvoir a disposé le préfet pour limoger notre secrétaire ». Parlant du sang dans la mosquée, le religieux précise que la souillure par le sang est incompatible à la prière.

Hamidou Diallo, factuguinee.com