Corruption: en Guinée, les conséquences dans l’économie coûtent 25% du PIB par an et que faire ?

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La corruption est un mal qui gangrène plusieurs sociétés africaines aujourd’hui semble se généraliser. Certains pays, dont le Cameroun, le Nigeria et la Guinée ont été classés, plusieurs fois premier pays corrompu du monde par l’ONG Transparency International.

Les manifestations de ce fléau peuvent regroupées en deux (02) catégories : Une petite, pratiquée par les fonctionnaires ou agents publics ; la plus grande qui règne au sommet de nos états. Elle est plus dévastatrice. La corruption étant comme le vol ou l’escroquerie, une infraction pénale, qui doit de ce fait être réprimée par la justice.

En Guinée, la corruption liée à diverses activités frauduleuses, fait perdre chaque année la bagatelle de 48 milliards de dollars, a dénoncé ce jeudi la secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique, Vera Songwe. Selon la responsable, ce montant représente environ 25% du PIB moyen de la Guinée.

Cependant, les impacts de la corruption sur l'économie guinéenne sont importants. D'après la secrétaire exécutive, elle est l'origine de pertes financières importantes sur le pays. «48 milliards de dollars sont drainés hors du pays par diverses formes de corruption, ce qui représente environ 25% du PIB moyen de la Guinée », a-t-elle détaillé, ajoutant que la corruption est la principale source des flux financiers illicites qui drainent d'énormes ressources du continent vers l'extérieur.

Lorsqu’on discute avec les populations guinéennes, il est rare de trouver les adeptes de la corruption. Tous ou presque la dénoncent avec véhémence. Mais plusieurs n’hésitent pas à en user pour, soit se faire une place dans la société (ils sont alors des corrupteurs), soit une fois en fonction exigent des pots de vin ou acceptent des cadeaux après un service rendu (ils deviennent ainsi des corrompus).

Que faire pour l’endiguer ?
Le Directeur Général d’une société d’assurance renvoie la lutte contre la corruption au chef d’Etat. Il ne doit pas hésiter de sévir au sommet, ce qui aurait, explique-t-il, un effet d’entraînement jusqu’en aval. Mais en le faisant, il doit s’attendre à devenir impopulaire, à avoir des ennemis ’’intimes’’, c’est seulement à ce prix qu’il aura aidé le peuple. Lorsqu’on prend le pouvoir pour réaliser le bonheur des populations, il faut sévir contre ceux qui privilégient leurs intérêts personnels au détriment de la majorité.

En Afrique, Intervenant dans le cadre de la 32e session ordinaire du Conseil exécutif de l'Union africaine (UA) à Addis-Abeba, Mme Songwe qui a cité un rapport du groupe de haut niveau sur les flux financiers illicites (FFI), un organisme dirigé par l'ancien chef de l'Etat sud-africain Thabo Mbeki, a aussi indiqué que le continent africain perd entre 50 et 80 milliards de dollars par an en raison des flux financiers illicites.
Une situation déplorable pour la secrétaire exécutive de la CEA qui rappelle que l'Afrique a besoin de ces fonds.

«Pour un continent qui a désespérément besoin de ressources financières substantielles pour répondre à ses importants besoins de développement, notamment pour combler son énorme déficit d'infrastructures, une perte considérable de ressources financières à travers diverses formes de corruption est certainement quelque chose qui doit être combattu avec force et fermeté», a exhorté Vera Songwe.

Un point de vue partagé par les dirigeants africains. En décembre 2015, sur la base des mêmes constats, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, expliquait que ces fonds «auraient dû être affectés aux secteurs de l'éducation, de la santé, de l'eau et de l'assainissement. Partout où vous avez une corruption massive, le développement est en retard».

«La détection de la corruption est importante, mais sa prévention est aussi capitale. Il est donc dans l'intérêt de l'Afrique de prévenir la corruption afin de stimuler l'économie et le développement à travers le Continent», s'est exprimé Akinwumi Adesina. Tous les pays africains sont concernés par la corruption avec la plupart d'entre eux très mal classés dans l'indice de perception de la corruption de l'ONG Transparency International.

Sur ce terrain, les pays comme la Guinée-Bissau, le Tchad, le Kenya et le Nigeria, sont souvent les pires élèves. Pour l'Union africaine, une action collégiale est nécessaire. Lors de la 32e session de l'UA, le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat a souligné que l'année 2018 est appelée à être celle du «combat contre la corruption».

Dr Aliou Bah sur sa page facebook

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